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ArsèneLupin - Page 2 Personnage de fiction de la littérature française créé par Maurice Leblanc, il apparaît pour la première fois dans la nouvelle "L'Arrestation d'Arsène Lupin", en juillet 1905.
Uv7G. 2 LA DAME BLONDE Arsène Lupin contre Herlock Sholmès LE DIAMANT BLEU Le soir du 27 mars, au 134 de l'avenue Henri-Martin, dans le petit hôtel que lui avait légué son père, six mois auparavant, le vieux général baron d'Hautrec, ambassadeur à Berlin sous le second Empire, dormait au fond d'un confortable fauteuil, tandis que sa demoiselle de compagnie lui faisait la lecture, et que la Sœur Auguste bassinait son lit et préparait la veilleuse. Mademoiselle Antoinette, mon ouvrage est fini, je m'en vais. — Bien, ma Sœur ! — Et, surtout, n'oubliez pas que la cuisinière a congé et que vous êtes seule dans l'hôtel, avec le domestique. — Soyez sans crainte pour M. le baron, je couche dans la chambre voisine, comme c'est entendu, et je laisse ma porte ouverte. » La religieuse s'en alla. Au bout d'un instant, ce fut Charles, le domestique, qui vint prendre les ordres. Le baron s'était réveillé. Il répondit lui-même. Toujours les mêmes ordres, Charles vérifiez si la sonnerie électrique fonctionne bien dans votre chambre, et, au premier appel, descendre et courir chez le médecin. — Mon général s'inquiète toujours. — Ça ne va pas… ça ne va pas fort. Allons, mademoiselle Antoinette, où en étions-nous de notre lecture ? — Monsieur le baron ne se met donc pas au lit ? — Mais non, mais non, je me couche très tard et, d'ailleurs, je n'ai besoin de personne. » Vingt minutes après, le vieillard sommeillait de nouveau, et Antoinette s'éloignait sur la pointe des pieds. À ce moment, Charles fermait soigneusement, comme à l'ordinaire, tous les volets du rez-de-chaussée. Dans la cuisine, il poussa le verrou de la porte qui donnait sur le jardin, et dans le vestibule, il accrocha, en outre, d'un battant à l'autre, la chaîne de sûreté. Puis il regagna sa mansarde, au troisième étage, se coucha et s'endormit. Une heure peut-être s'était écoulée, quand, soudain, il sauta d'un bond hors de son lit la sonnerie retentissait. Elle retentit longtemps, sept ou huit secondes peut-être, et de façon posée, ininterrompue. Bon ! se dit Charles, recouvrant ses esprits, une nouvelle lubie du baron. » Il enfila ses vêtements, descendit rapidement l'escalier, s'arrêta devant la porte, et, par habitude, frappa. Aucune réponse. Il entra. Tiens, murmura-t-il, pas de lumière… Pourquoi, diable, ont-ils éteint ? » Et, à voix basse, il appela Mademoiselle ? » Aucune réponse. Vous êtes là, mademoiselle ?… Qu'y a-t-il donc ? Monsieur le baron est malade ? » Le même silence autour de lui, un silence lourd, qui finit par l'impressionner. Il fit deux pas en avant son pied heurta une chaise, et, l'ayant touchée, il s'aperçut qu'elle était renversée. Et, tout de suite, sa main rencontra par terre d'autres objets, un guéridon, un paravent. Inquiet, il revint vers la muraille, et, à tâtons, chercha le bouton électrique. Il l'atteignit, le tourna. Au milieu de la pièce, entre la table et l'armoire à glace, gisait le corps de son maître, le baron d'Hautrec. Quoi !… Est-ce possible ?… » bégaya-t-il. Il ne savait que faire, et sans bouger, les yeux écarquillés, il contemplait le bouleversement des choses, les chaises tombées, un grand flambeau de cristal cassé en mille morceaux, la pendule qui gisait sur le marbre du foyer, toutes ces traces qui révélaient la lutte affreuse et sauvage. Le manche d'un stylet d'acier étincelait, non loin du cadavre. La lame en dégouttait de sang. Le long du matelas, pendait un mouchoir souillé de marques rouges. Charles hurla de terreur le corps s'était tendu en un suprême effort, puis s'était recroquevillé sur lui-même… Deux ou trois secousses, et ce fut tout. Il se pencha. Par une fine blessure au cou, du sang giclait, qui mouchetait le tapis de taches noires. Le visage conservait une expression d'épouvante folle. On l'a tué, balbutia-t-il, on l'a tué. » Et il frissonna à l'idée d'un autre crime probable la demoiselle de compagnie ne couchait-elle pas dans la chambre voisine, et le meurtrier du baron ne l'avait-il pas tuée, elle aussi ? Il poussa la porte ; la pièce était vide. Il conclut qu'Antoinette avait été enlevée, ou bien qu'elle était partie avant le crime. Il regagna la chambre du baron, et, ses yeux ayant rencontré le secrétaire, il remarqua que ce meuble n'avait pas été fracturé. Bien plus, il vit sur la table, près du trousseau de clés et du portefeuille que le baron y déposait chaque soir, une poignée de louis d'or. Charles saisit le portefeuille et en déplia les poches. L'une d'elles contenait des billets de banque. Il les compta il y avait treize billets de cent francs. Alors, ce fut plus fort que lui instinctivement, mécaniquement, sans même que sa pensée participât au geste de la main, il prit les treize billets, les cacha dans son veston, dégringola l'escalier, tira le verrou, décrocha la chaîne, referma la porte et s'enfuit par le jardin. ⁂ Charles était un honnête homme. Il n'avait pas repoussé la grille que, frappé par le grand air, le visage rafraîchi par la pluie, il s'arrêta. L'acte commis lui apparaissait sous son véritable jour, et il en avait une horreur subite. Un fiacre passait. Il héla le cocher… Camarade, file au poste de police et ramène le commissaire… Au galop ! Il y a mort d'homme. » Le cocher fouetta son cheval. Mais quand Charles voulut rentrer, il ne le put pas, lui-même avait fermé la grille, et la grille ne s'ouvrait pas du dehors. D'autre part, il était inutile de sonner puisqu'il n'y avait personne dans l'hôtel. Il se promena donc le long de ces jardins, qui font à l'avenue, du côté de la Muette, une riante bordure d'arbustes verts et bien taillés. Et ce fut seulement après une heure d'attente qu'il put enfin raconter au commissaire les détails du crime et lui remettre entre les mains les treize billets de banque. Pendant ce temps, on réquisitionnait un serrurier, lequel, avec beaucoup de peine, réussit à forcer la grille du jardin et la porte du vestibule. Le commissaire monta, et, tout de suite, du premier coup d'œil, il dit au domestique Tiens ! vous m'aviez annoncé que la chambre était dans le plus grand désordre. » Il se retourna. Charles semblait cloué au seuil, hypnotisé tous les meubles avaient repris leur place habituelle ! Le guéridon se dressait entre les deux fenêtres, les chaises étaient debout, et la pendule au milieu de la cheminée. Les débris du candélabre avaient disparu. Il articula, béant de stupeur Le cadavre… M. le baron… — Au fait, s'écria le commissaire, où se trouve la victime ? » Il s'avança vers le lit. Sous un grand drap, qu'il écarta, reposait le général baron d'Hautrec, ancien ambassadeur de France à Berlin. Sa houppelande de général le recouvrait, ornée de la croix d'honneur. Le visage était calme. Les yeux étaient clos. Le domestique balbutia Quelqu'un est venu. — Par où ? — Je ne sais pas, mais quelqu'un est venu, pendant mon absence… Tenez, il y avait là, par terre, un poignard très mince, en acier… Et puis, sur la table, un mouchoir avec du sang… Il n'y a plus rien… On a tout enlevé… On a tout rangé… — Mais qui ? — L'assassin ! — Nous avons trouvé toutes les portes fermées. — C'est qu'il était resté dans l'hôtel. — Il y serait encore, puisque vous n'avez pas quitté le trottoir. » Le domestique réfléchit et prononça lentement En effet… en effet… et je ne me suis pas éloigné de la grille… Cependant… — Voyons, quelle est la dernière personne que vous ayez vue près du baron ? — Mlle Antoinette, la demoiselle de compagnie. — Qu'est-elle devenue ? — Selon moi, son lit n'étant même pas défait, elle a dû profiter de l'absence de la Sœur Auguste pour sortir, elle aussi. Cela ne m'étonne qu'à moitié ; elle est jolie… jeune… — Mais comment serait-elle sortie ? — Par la porte. — Vous aviez mis le verrou et accroché la chaîne ! — Bien plus tard ! À ce moment, elle avait dû quitter l'hôtel. — Et le crime aurait eu lieu après son départ ? — Naturellement ! » On chercha du haut en bas de la maison, dans les greniers comme dans les caves ; mais l'assassin avait pris la fuite. Comment ? À quel instant ? Était-ce lui ou un complice qui avait jugé à propos de retourner sur la scène du crime et de faire disparaître tout ce qui eût pu le compromettre ? Telles étaient les questions qui se posaient à la justice. À sept heures, survint le médecin légiste ; à huit heures, le chef de la Sûreté. Puis ce fut le tour du Procureur de la République et du juge d'instruction. Et il y avait aussi, encombrant l'hôtel, des agents, des inspecteurs, des journalistes, le neveu du baron d'Hautrec et d'autres membres de la famille. On fouilla, on étudia la position du cadavre, d'après les souvenirs de Charles, on interrogea, dès son arrivée, la sœur Auguste. On ne fit aucune découverte. Tout au plus, la sœur Auguste s'étonnait-elle de la disparition d'Antoinette Bréhat. Elle avait engagé la jeune fille douze jours auparavant, sur la foi d'excellents certificats, et se refusait à croire qu'elle eût pu abandonner le malade qui lui était confié, pour courir seule, la nuit. D'autant plus qu'en ce cas, appuya le juge d'instruction, elle serait déjà rentrée. Nous en revenons donc au même point qu'est-elle devenue ? — Pour moi, dit Charles, elle a été enlevée par l'assassin. » L'hypothèse était plausible et concordait avec certaines apparences. Le chef de la Sûreté prononça Enlevée ? Ma foi, cela n'est point invraisemblable. — Non seulement invraisemblable, dit une voix, mais en opposition absolue avec les faits, avec les résultats de l'enquête ; bref, avec l'évidence même. » La voix était rude, l'accent brusque, et personne ne fut surpris quand on eut reconnu Ganimard. À lui seul, d'ailleurs, on pouvait pardonner cette façon un peu cavalière de s'exprimer. Tiens, c'est vous, Ganimard ? s'écria M. Dudouis ; je ne vous avais pas vu. — Je suis là depuis deux heures. — Vous prenez donc intérêt à ce qui n'est pas le billet 514-série 23, l'affaire de la rue Clapeyron, la Dame Blonde et Arsène Lupin ? — Eh ! eh ! ricana le vieil inspecteur, je n'affirmerais pas que Lupin n'est pour rien dans l'affaire qui nous occupe… Mais laissons de côté, jusqu'à nouvel ordre, l'histoire du billet de loterie, et voyons de quoi il s'agit. » ⁂ Ganimard n'est pas un de ces policiers de grande envergure, dont les procédés font école, et dont le nom restera dans les annales judiciaires. Il lui manque ces éclairs de génie qui illuminent les Lupin, les Lecoq et les Sherlock Holmès. Mais il a d'excellentes qualités moyennes, de l'observation, de la sagacité, de la persévérance, et même de l'intuition. Son mérite est de travailler avec l'indépendance la plus absolue. Rien, si ce n'est peut-être l'espèce de fascination qu'Arsène Lupin exerce sur lui, rien ne le trouble ni ne l'influence. Quoi qu'il en soit, son rôle, en cette matière, ne manqua pas d'éclat et sa collaboration fut de celles qu'un juge peut apprécier. Tout d'abord, commença-t-il, je demanderai au sieur Charles de bien préciser ce point tous les objets qu'il a vus, la première fois, renversés ou dérangés, étaient-ils, à son second passage, exactement à leur place habituelle ? — Exactement. — Il est donc évident qu'ils n'ont pu être remis à leur place que par une personne pour qui la place de chacun de ces objets était familière. » La remarque frappa les assistants. Ganimard reprit Une autre question, monsieur Charles… Vous avez été réveillé par une sonnerie… Selon vous, qui vous appelait ? — M. le baron, parbleu. — Soit, mais à quel moment aurait-il sonné ? — Après la lutte… au moment de mourir. — Impossible, puisque vous l'avez trouvé gisant, inanimé, à un endroit distant de plus de quatre mètres du bouton d'appel. — Alors, il a sonné pendant la lutte. — Impossible, puisque la sonnerie, avez-vous dit, fut régulière. Croyez-vous que son agresseur lui eût donné le loisir de sonner ainsi ? — Alors, c'était avant, au moment d'être attaqué. — Impossible, vous nous avez dit qu'entre le signal de la sonnerie et l'instant où vous avez pénétré dans la chambre, il s'est écoulé tout au plus trois minutes. Si donc le baron avait sonné avant, il aurait fallu que la lutte, l'assassinat, l'agonie et la fuite, se soient déroulés en ce court espace de trois minutes. Je le répète, c'est impossible. — Pourtant, dit le juge d'instruction, quelqu'un a sonné. Si ce n'est pas le baron, qui est-ce ? — Le meurtrier. — Dans quel but ? — J'ignore son but. Mais tout au moins le fait qu'il a sonné nous prouve-t-il qu'il devait savoir que la sonnerie communiquait avec la chambre d'un domestique. Or, qui pouvait connaître ce détail, sinon une personne de la maison même ? » Le cercle des suppositions se restreignait. En quelques phrases rapides, nettes, logiques, Ganimard plaçait la question sur son véritable terrain, et la pensée du vieil inspecteur apparaissant clairement, il sembla tout naturel que le juge d'instruction conclût Bref, en deux mots, vous soupçonnez Antoinette Bréhat. — Je ne la soupçonne pas, je l'accuse. — Vous l'accusez d'être la complice ? — Je l'accuse d'avoir tué le général baron d'Hautrec. — Allons donc ! et quelle preuve ?… — Cette poignée de cheveux que j'ai découverte dans la main droite de la victime, dans sa chair même où la pointe de ses ongles l'avait enfoncée. Il les montra, ces cheveux ; ils étaient d'un blond éclatant, lumineux comme des fils d'or, et Charles murmura — Ce sont bien les cheveux de Mlle Antoinette. Pas moyen de s'y tromper. » Et il ajouta Et puis… il y a autre chose… Je crois bien que le couteau… celui que je n'ai pas revu la seconde fois… lui appartenait… Elle s'en servait pour couper les pages des livres. » Le silence fut long et pénible, comme si le crime prenait plus d'horreur d'avoir été commis par une femme. Le juge d'instruction discuta Admettons jusqu'à plus ample informé que le baron ait été tué par Antoinette Bréhat. Il faudrait encore expliquer quel chemin elle a pu suivre pour sortir après le crime, pour rentrer après le départ du sieur Charles, et pour sortir de nouveau avant l'arrivée du commissaire. Vous avez une opinion là-dessus, monsieur Ganimard ? — Aucune. — Alors ? » Ganimard eut l'air embarrassé. Enfin il prononça, non sans un effort visible Tout ce que je puis dire, c'est que je retrouve ici le même procédé que dans l'affaire du billet 514-23, le même phénomène que l'on pourrait appeler la faculté de disparition. Antoinette Bréhat apparaît et disparaît dans cet hôtel, aussi mystérieusement qu'Arsène Lupin pénétra chez Me Detinan et s'en échappa en compagnie de la Dame blonde. — Ce qui signifie ? — Ce qui signifie que je ne peux m'empêcher de penser à ces deux coïncidences, tout au moins bizarres Antoinette Bréhat fut engagée par la Sœur Auguste, il y a douze jours, c'est-à-dire le lendemain du jour où la Dame blonde me filait entre les doigts. En second lieu, les cheveux de la Dame blonde ont précisément cette couleur violente, cet éclat métallique à reflets d'or, que nous retrouvons dans ceux-ci. — De sorte, que suivant vous, Antoinette Bréhat… — N'est autre que la Dame blonde. — Et que Lupin, par conséquent, a machiné les deux affaires ? — Je le crois. Il y eut un éclat de rire. C'était le chef de la Sûreté qui se divertissait. — Lupin ! toujours Lupin ! Lupin est dans tout. Lupin est partout ! — Il est où il est, scanda Ganimard vexé. — Encore faut-il qu'il ait des raisons pour être quelque part, observa M. Dudouis, et, en l'espèce, les raisons me semblent obscures. Le secrétaire n'a pas été fracturé, ni le portefeuille volé. Il reste même de l'or sur la table. — Oui, s'écria Ganimard, mais le fameux diamant — Quel diamant ? — Le diamant bleu ! le célèbre diamant qui faisait partie de la couronne royale de France et qui fut donné par le duc d'A… à Léonide L… et, à la mort de Léonide L… racheté par le baron d'Hautrec en mémoire de la brillante comédienne qu'il avait passionnément aimée. C'est un de ces souvenirs qu'un vieux Parisien comme moi n'oublie point. — Il est évident, dit le juge d'instruction, que, si le diamant bleu ne se retrouve pas, tout s'explique… Mais où chercher ? — Au doigt même de M. le baron, répondit Charles. Le diamant bleu ne quittait pas sa main gauche. — J'ai vu cette main, affirma Ganimard en s'approchant de la victime, et comme vous pouvez vous en assurer, il n'y a qu'un simple anneau d'or. — Regardez du côté de la paume, reprit le domestique. Ganimard déplia les doigts crispés. Le chaton était retourné à l'intérieur, et au cœur de ce chaton resplendissait le diamant bleu. Fichtre, murmura Ganimard, absolument interdit, je n'y comprends plus rien. — Et vous renoncez, je l'espère, à suspecter ce malheureux Lupin ? » ricana M. Dudouis. Ganimard prit un temps, réfléchit, et riposta d'un ton sentencieux C'est justement quand je ne comprends plus que je suspecte Arsène Lupin. » ⁂ Telles furent les premières constatations effectuées par la justice au lendemain de ce crime étrange. Constatations vagues, incohérentes et auxquelles la suite de l'instruction n'apporta ni cohérence ni certitude, Les allées et venues d'Antoinette Bréhat demeurèrent absolument inexplicables, comme celles de la Dame blonde, et pas davantage on ne sut quelle était cette mystérieuse créature aux cheveux d'or, qui avait tué le baron d'Hautrec et n'avait pas pris à son doigt le fabuleux diamant de la couronne royale de France. Et, plus que tout, la curiosité qu'elle inspirait donnait au crime un relief de grand forfait dont s'exaspérait l'opinion publique. ⁂ Les héritiers du baron d'Hautrec ne pouvaient que bénéficier d'une pareille réclame. Ils organisèrent avenue Henri Martin, dans l'hôtel même, une exposition des meubles et objets qui devaient se vendre à la salle Drouot. Meubles modernes et de goût médiocre, objets sans valeur artistique… mais au centre de la pièce, sur un socle de velours grenat, protégée par un globe de verre, et gardée par deux agents, étincelait la bague au diamant bleu. Diamant magnifique, énorme, d'une pureté incomparable, et de ce bleu indéfini que l'eau claire prend au ciel qu'il reflète, de ce bleu que l'on devine dans la blancheur du linge. On admirait, on s'extasiait… et l'on regardait avec effroi la chambre de la victime, l'endroit où gisait le cadavre, le parquet démuni de son tapis ensanglanté, et les murs surtout, les murs infranchissables au travers desquels avait passé la criminelle. On s'assurait que le marbre de la cheminée ne basculait pas, que telle moulure de la glace ne cachait pas un ressort destiné à la faire pivoter. On imaginait des trous béants, des orifices de tunnel, des communications avec les égouts, avec les catacombes… La vente du diamant bleu eut lieu à l'hôtel Drouot. La foule s'étouffait et la fièvre des enchères s'exaspéra jusqu'à la folie. Il y avait là le Tout Paris des grandes occasions, tous ceux qui achètent et tous ceux qui veulent faire croire qu'ils peuvent acheter, des boursiers, des artistes, des dames de tous les mondes, deux ministres, un ténor italien, un roi en exil, qui, pour consolider son crédit, se donna le luxe de pousser, avec beaucoup d'aplomb, et une voix vibrante, jusqu'à cent mille francs. Cent mille francs ! il pouvait les offrir sans se compromettre. Le ténor italien en risqua cent cinquante, une sociétaire des Français cent soixante-quinze. À deux cent mille francs néanmoins, les amateurs se découragèrent. À deux cent cinquante mille, il n'en resta plus que deux, Herschmann, le célèbre financier, le roi des mines d'or, et la comtesse de Crozon, la richissime Américaine dont la collection de diamants, et de pierres précieuses est réputée. Deux cent soixante mille… deux cent soixante-dix mille… soixante-quinze… quatre-vingt… proférait le commissaire, interrogeant successivement du regard les deux compétiteurs… Deux cent quatre vingt mille pour madame… Personne ne dit mot ?… — Trois cent mille, murmura Herschmann. » Un silence. On observait la comtesse de Crozon. Debout, souriante, mais d'une pâleur qui dénonçait son trouble, elle s'appuyait au dossier de la chaise placée devant elle. En réalité, elle savait et tous les assistants le savaient aussi, l'issue du duel n'était pas douteuse logiquement, fatalement, il devait se terminer à l'avantage du financier, dont les caprices étaient servis par une fortune de plus d'un demi milliard. Pourtant elle prononça Trois cent cinq mille. » Un silence encore. On se retourna vers le roi des mines, dans l'attente de l'inévitable surenchère. Il était certain qu'elle allait se produire, forte, brutale, définitive. Elle ne se produisit point. Herschmann restait impassible, les yeux fixés sur une feuille de papier que tenait sa main droite, tandis que l'autre gardait les morceaux d'une enveloppe déchirée. Trois cent cinq mille, répétait le commissaire… Une fois ?… deux fois ? il est encore temps… personne ne dit mot ? je répète une fois ?… deux fois ?… » Herschmann ne broncha pas. Un dernier silence. Le marteau tomba Quatre cent mille », clama Herschmann sursautant, comme si le bruit du marteau l'arrachait de sa torpeur. Trop tard. L'adjudication était irrévocable. On s'empressa autour de lui. Que s'était passé ? Pourquoi n'avait-il pas parlé plus tôt ? Il se mit à rire. Que s'est-il passé ? Ma foi, je n'en sais rien. J'ai eu une minute de distraction. — Est-ce possible ? — Mais oui, une lettre qu'on m'a remise. — Et cette lettre a suffi… — Pour me troubler, oui, sur le moment. » Ganimard était là. Il avait assisté à la vente de la bague. Il s'approcha d'un des garçons de service. C'est vous, sans doute, qui avez remis une lettre à M. Herschmann ? — Oui. — De la part de qui ? — De la part d'une dame. — Où est-elle ? — Où est-elle ?… Tenez, Monsieur, là-bas… cette dame qui a une voilette épaisse. — Et qui s'en va ? — Oui. » Ganimard se précipita vers la porte et aperçut la dame qui descendait l'escalier. Il courut. Un flot de monde l'arrêta près de l'entrée. Dehors, il ne la retrouva pas… Il revint dans la salle, aborda Herschmann, se fit connaître et l'interrogea sur la lettre. Herschmann la lui donna. Elle contenait, écrits au crayon, à la hâte, et d'une écriture que le financier ignorait, ces simples mots Le diamant bleu porte malheur. Souvenez-vous du baron d'Hautrec. » ⁂ Les tribulations du diamant bleu n'étaient pas achevées, et, déjà connu par l'assassinat du baron d'Hautrec et par les incidents de l'hôtel Drouot, il devait, six mois plus tard, atteindre à la grande célébrité. L'été suivant, en effet, on volait à la comtesse de Crozon le précieux joyau qu'elle avait eu tant de peine à conquérir. Résumons cette curieuse affaire dont les émouvantes et dramatiques péripéties nous ont tous passionnés et sur laquelle il m'est enfin permis de jeter quelque lumière. Le soir du 10 août, les hôtes de M. et Mme Crozon étaient réunis dans le salon du magnifique château qui domine la baie de Somme. On fit de la musique. La comtesse se mit au piano et posa sur un petit meuble, près de l'instrument, ses bijoux parmi lesquels se trouvait la bague du baron d'Hautrec. Au bout d'une heure, le comte se retira, ainsi que ses deux cousins, les d'Ancelle, et Mme de Réal, une amie intime de la comtesse de Crozon. Celle-ci resta seule avec M. Bleichen, consul autrichien, et sa femme. Ils causèrent, puis la comtesse éteignit une grande lampe située sur la table du salon. Au même moment, M. Bleichen éteignait les deux lampes du piano. Il y eut un instant d'obscurité, un peu d'effarement, puis le consul alluma une bougie, et tous trois regagnèrent leurs appartements. Mais, à peine chez elle, la comtesse se souvint de ses bijoux et enjoignit à sa femme de chambre d'aller les chercher. Celle-ci revint et les déposa sur la cheminée sans que sa maîtresse les examinât. Le lendemain, Mme de Crozon constatait qu'il manquait une bague, la bague au diamant bleu. Elle avertit son mari. Leur conclusion fut immédiate la femme de chambre étant au-dessus de tout soupçon, le coupable ne pouvait être que M. Bleichen. Le comte prévint le commissaire central d'Amiens, qui ouvrit une enquête, et, discrètement, organisa la surveillance la plus active pour que le consul autrichien ne pût ni vendre ni expédier la bague. Jour et nuit des agents entourèrent le château. Deux semaines s'écoulent sans le moindre incident. M. Bleichen annonce son départ. Ce jour-là une plainte est déposée contre lui. Le commissaire intervient officiellement et ordonne la visite des bagages. Dans un petit sac dont la clé ne quitte jamais le consul, on trouve un flacon de poudre de savon ; dans ce flacon, la bague ! Mme Bleichen s'évanouit. Son mari est mis en état d'arrestation. On se rappelle le système de défense adopté par l'inculpé. Il ne peut s'expliquer, disait-il, la présence de la bague que par une vengeance de M. de Crozon. Le comte est brutal et rend sa femme malheureuse. J'ai eu un long entretien avec celle-ci et l'ai vivement engagée au divorce. Mis au courant, le comte s'est vengé en prenant la bague, et, lors de mon départ, en la glissant dans le nécessaire de toilette. » Le comte et la comtesse maintinrent énergiquement leur plainte. Entre l'explication qu'ils donnaient et celle du consul, toutes deux également possibles, également probables, le public n'avait qu'à choisir. Aucun fait nouveau ne fit pencher l'un des plateaux de la balance. Un mois de bavardages, de conjectures et d'investigations n'amena pas un seul élément de certitude. Ennuyés par tout ce bruit, impuissants à produire la preuve évidente de la culpabilité qui eût justifié leur accusation, M. et Mme de Crozon demandèrent qu'on leur envoyât de Paris un agent de la Sûreté capable de débrouiller les fils de l'écheveau. On envoya Ganimard. Durant quatre jours le vieil inspecteur principal fureta, potina, se promena dans le parc, eut de longues conférences avec la bonne, avec le chauffeur, les jardiniers, les employés des bureaux de poste voisins, visita les appartements qu'occupaient le ménage Bleichen, les cousins d'Andelle, et Mme de Réal. Puis un matin il disparut sans prendre congé de ses hôtes. Mais une semaine plus tard, ils recevaient ce télégramme Vous prie venir demain vendredi, cinq heures soir, au Thé japonais, rue Boissy-d'Anglas. Ganimard. » ⁂ À cinq heures exactement, le vendredi, leur automobile s'arrêtait devant le numéro 9 de la rue Boissy-d'Anglas. Sans un mot d'explication, le vieil inspecteur qui les attendait sur le trottoir, les conduisit au premier étage du Thé japonais. Ils trouvèrent dans l'une des salles deux personnes que Ganimard leur présenta M. Gerbois, professeur au lycée de Versailles, à qui, vous vous en souvenez, Arsène Lupin vola un demi-million. — M. Léonce d'Hautrec, neveu et légataire universel du baron d'Hautrec. » Les quatre personnes s'assirent. Quelques minutes après, il en vint une cinquième. C'était le chef de la Sûreté. M. Dudouis paraissait d'assez méchante humeur. Il salua et dit Qu'y a-t-il donc, Ganimard ? On m'a remis, à la Préfecture, votre avis téléphonique. Est-ce sérieux ? — Très sérieux, chef. Avant une heure, les dernières aventures auxquelles j'ai donné mon concours auront leur dénouement ici. Il m'a semblé que votre présence était indispensable. — Et la présence également de Dieuzy et de Folenfant, que j'ai aperçus en bas, aux environs de la porte ? — Oui, chef. — Et en quoi ? S'agit-il d'une arrestation ? Quelle mise en scène ! Allons, Ganimard, on vous écoute. » Ganimard hésita quelques instants, puis prononça avec l'intention visible de frapper ses auditeurs Tout d'abord, j'affirme que M. Bleichen n'est pour rien dans le vol de la bague. — Oh ! oh ! fit M. Dudouis, c'est une simple affirmation… et fort grave. » Et le comte demanda Est-ce à cette… découverte que se bornent vos efforts ? — Non, monsieur. Le surlendemain du vol, les hasards d'une excursion en automobile ont mené trois de vos invités jusqu'au bourg de Crécy. Tandis que deux de ces personnes allaient visiter le fameux champ de bataille, le troisième se rendait en hâte au bureau de poste et expédiait une petite boîte ficelée cachetée suivant les règlements, et déclarée pour une valeur de cent francs. » M. de Crozon objecta Il n'y a rien là que de naturel. — Peut-être vous semblera-t-il moins naturel que cette personne, au lieu de donner son nom véritable, ait fait l'expédition sous le nom de Rousseau, et que le destinataire, un monsieur Beloux, demeurant à Paris, ait déménagé le soir même du jour où il recevait la boîte, c'est-à-dire la bague. — Il s'agit peut-être, interrogea le comte, d'un de mes cousins d'Andelle ? — Il ne s'agit pas de ces messieurs. — Donc, de Mme de Réal ? — Oui. » La comtesse s'écria, stupéfaite Vous accusez mon amie, Mme de Réal ? — Une simple question, madame, répondit Ganimard. Mme de Réal assistait-elle à la vente du diamant bleu ? — Oui, mais de son côté. Nous n'étions pas ensemble. — Vous avait-elle engagée à acheter la bague ? » La comtesse rassembla ses souvenirs. Oui… en effet… je crois même que c'est elle qui m'en a parlé la première… — Je note votre réponse, madame. Il est bien établi que c'est Mme de Réal qui vous a parlé la première de cette bague, et qui vous a engagée à l'acheter. — Cependant… mon amie est incapable… — Pardon, pardon, Mme de Réal n'est que votre amie occasionnelle, et non votre amie intime, comme les journaux l'ont imprimé, ce qui a écarté d'elle les soupçons. Vous ne la connaissez que depuis cet hiver. Or, je me fais fort de vous démontrer que tout ce qu'elle vous a raconté sur elle, sur son passé, sur ses relations, est absolument faux, que Mme Blanche de Réal n'existait pas avant de vous avoir rencontrée, et qu'elle n'existe plus à l'heure actuelle. — Et après ? — Après ? fit Ganimard. — Oui, toute cette histoire est très curieuse, mais en quoi s'applique-t-elle à notre cas ? Si tant est que Mme de Réal ait pris la bague, ce qui n'est nullement prouvé, pourquoi l'a-t-elle cachée dans la poudre dentifrice de M. Bleichen ? Que diable ! quand on se donne la peine de dérober le diamant bleu, on le garde. Qu'avez-vous à répondre à cela ? — Moi, rien, mais Mme de Réal y répondra. — Elle existe donc ? — Elle existe… sans exister. En quelques mots, voici. Il y a trois jours, en lisant le journal que je lis chaque jour, j'ai vu en tête de la liste des étrangers, à Trouville, Hôtel Beaurivage Mme de Réal, etc… » Vous comprenez que le soir même j'étais à Trouville, et que j'interrogeais le directeur de Beaurivage. D'après le signalement et d'après certains indices que je recueillis, cette Mme de Réal était bien la personne que je cherchais, mais elle avait quitté l'hôtel, laissant son adresse à Paris, 3, rue du Colisée. Avant-hier je me suis présenté à cette adresse, et j'appris qu'il n'y avait point de Mme de Réal, mais tout simplement une dame Réal, qui habitait le deuxième étage, qui exerçait le métier de courtière en diamants, et qui s'absentait souvent. Hier j'ai sonné à sa porte, et j'ai offert à Mme Réal, sous un aux nom, mes services comme intermédiaire auprès des personnes en situation d'acheter des pierres de valeur. Aujourd'hui, nous avons rendez-vous ici pour une première affaire. — Comment ! vous l'attendez ? — À cinq heures et demie. — Et vous êtes sûr ?… — Que c'est la Mme Réal du château de Crozon ? J'ai des preuves irréfutables. Mais… écoutez… le signal de Folenfant… » Un coup de sifflet avait retenti, Ganimard se leva vivement. Il n'y a pas de temps à perdre. Monsieur et Madame de Crozon, veuillez passer dans la pièce voisine. Vous aussi, Monsieur d'Hautrec… et vous aussi, Monsieur Gerbois… La porte restera ouverte et, au premier signal, je vous demanderai d'intervenir. Restez, chef, je vous en prie. — Et s'il arrive d'autres personnes ? observa M. Dudouis. — Non. Cet établissement est nouveau, et le patron qui est un de mes amis ne laissera monter âme qui vive… sauf la Dame blonde. — La Dame blonde ! que dites-vous ? — La Dame blonde elle-même, chef, la complice et l'amie d'Arsène Lupin, la mystérieuse Dame blonde, contre qui j'ai des preuves certaines, mais contre qui je veux, en outre, et devant vous, réunir les témoignages de tous ceux qu'elle a dépouillés. » Il se pencha par la fenêtre. Elle approche… Elle entre… Plus moyen qu'elle s'échappe Folenfant et Dieuzy gardent la porte… La Dame blonde est à nous, chef ! ⁂ Presque aussitôt, une femme s'arrêtait sur le seuil, grande, mince, le visage très pâle et les cheveux d'un or violent. Une telle émotion suffoqua Ganimard qu'il demeura muet, incapable d'articuler le moindre mot. Elle était là, en face de lui, à sa disposition ! Quelle victoire sur Arsène Lupin ! et quelle revanche ! et en même temps cette victoire lui semblait remportée avec une telle aisance qu'il se demandait si la Dame blonde n'allait pas lui glisser entre les mains, grâce à quelqu'un de ces miracles dont Lupin était coutumier. Elle attendait cependant, surprise de ce silence, et regardait autour d'elle sans dissimuler son inquiétude. Elle va partir ! elle va disparaître ! » pensa Ganimard effaré. Brusquement, il s'interposa entre elle et la porte. Elle se retourna et voulut sortir. Non, non, fit-il, pourquoi vous éloigner ? — Mais enfin, monsieur, je ne comprends rien à ces manières. Laissez-moi… — Il n'y a aucune raison pour que vous vous en alliez, madame, et beaucoup au contraire pour que vous restiez. — Cependant… — Inutile. Vous ne sortirez pas. » Toute pâle elle s'affaissa sur une chaise et balbutia Que voulez-vous ? » Ganimard était vainqueur. Il tenait la Dame blonde. Maître de lui, il articula Je vous présente cet ami, dont je vous ai parlé, et qui serait désireux d'acheter des bijoux… et surtout des diamants. Vous êtes-vous procuré celui que vous m'aviez promis ? — Non… non… je ne sais pas… je ne me rappelle pas. — Mais si… cherchez bien… Une personne de votre connaissance devait vous remettre un diamant teinté… quelque chose comme le diamant bleu », ai-je dit en riant, et vous m'avez répondu Précisément, j'aurai peut-être votre affaire. Vous souvenez-vous ? » Elle se taisait. Un petit réticule qu'elle tenait à la main tomba. Elle le ramassa vivement et le serra contre elle. Ses doigts tremblaient un peu. Allons, dit Ganimard, je vois que vous n'avez pas confiance en nous, madame de Réal, je vais vous donner le bon exemple, et vous montrer ce que je possède, moi. » Il tira de son portefeuille un papier qu'il déplia, et tendit une mèche de cheveux. Voici d'abord quelques cheveux d'Antoinette Bréhat, arrachés par le baron et recueillis dans la main du mort. J'ai vu Mlle Gerbois, qui a reconnu positivement la couleur des cheveux de la Dame blonde… la même couleur que les vôtres d'ailleurs… exactement la même couleur. » Mme Réal l'observait d'un air stupide et comme si vraiment elle ne saisissait pas le sens de ses paroles. Il continua Et maintenant voici deux flacons d'odeur, sans étiquette, il est vrai, et vides, mais encore assez imprégnés de leur odeur, pour que Mlle Gerbois ait pu, ce matin même, y distinguer le parfum de cette Dame blonde, qui fut sa compagne de voyage durant deux semaines. Or, l'un des flacons provient de la chambre que Mme de Réal occupait au château de Crozon, et l'autre de la chambre que vous occupiez à l'hôtel Beaurivage. — Que dites-vous !… La Dame blonde… le château de Crozon… » Sans répondre, l'inspecteur aligna sur la table quatre feuilles. Enfin, dit-il, voici, sur ces quatre feuilles, un spécimen de l'écriture d'Antoinette Bréhat, un autre de la dame qui écrivit au baron Herschmann lors de la vente du diamant bleu, un autre de Mme de Réal, lors de son séjour à Crozon, et le quatrième… de vous-même, madame… c'est votre nom et votre adresse, donnés par vous au portier de l'hôtel Beaurivage, à Trouville. Or, comparez les quatre écritures, Elles sont identiques. — Mais vous êtes fou, monsieur ! vous êtes fou ! que signifie tout cela ? — Cela signifie, madame, s'écria Ganimard dans un grand mouvement, que la Dame blonde, l'amie et la complice d'Arsène Lupin, n'est autre que vous. » Il poussa la porte du salon voisin, se rua sur M. Gerbois, le bouscula par les épaules et l'attirant devant Mme Réal Monsieur Gerbois, reconnaissez-vous la personne qui enleva votre fille, et que vous avez vue chez Me Detinan ? — Non. » Il y eut comme une commotion dont chacun reçut le choc. Ganimard chancela. C'est tout réfléchi… madame est blonde comme la Dame blonde… pâle comme elle… mais elle ne lui ressemble pas du tout. — Je ne puis croire… une pareille erreur est inadmissible… Monsieur d'Hautrec, vous reconnaissez bien Antoinette Bréhat ? — J'ai vu Antoinette Bréhat chez mon oncle… ce n'est pas elle. — Et madame n'est pas non plus Mme de Réal, » affirma le comte de Crozon. C'était le coup de grâce. Ganimard en fut étourdi et ne broncha plus, la tête basse, les yeux fuyants. De toutes ses combinaisons il ne restait rien. L'édifice s'écroulait. M. Dudouis se leva. Vous nous excuserez, madame, il y a là une confusion regrettable que je vous prie d'oublier. Mais ce que je ne saisis pas bien c'est votre trouble… votre attitude bizarre depuis que vous êtes ici. — Mon Dieu, monsieur, j'avais peur… il y a plus de cent mille francs de bijoux dans mon sac, et les manières de votre ami n'étaient guère rassurantes. — Mais vos absences continuelles ?… — N'est-ce pas mon métier qui l'exige ? » M. Dudouis n'avait rien à répondre. Il se tourna vers son subordonné. Vous avez pris vos informations avec une légèreté déplorable, Ganimard, et tout à l'heure vous vous êtes conduit envers madame de la façon la plus maladroite. Vous viendrez vous en expliquer dans mon cabinet. » L'entrevue était terminée, et le chef de la Sûreté se disposait à partir, quand il se passa un fait vraiment déconcertant. Mme Réal s'approcha de l'inspecteur et lui dit J'entends que vous vous appelez monsieur Ganimard… Je ne me trompe pas ? — Non. — En ce cas, cette lettre doit être pour vous, je l'ai reçue ce matin, avec l'adresse que vous pouvez lire M. Justin Ganimard aux bons soins de Mme Réal. » J'ai pensé que c'était une plaisanterie, puisque je ne vous connaissais pas sous ce nom, mais sans doute ce correspondant inconnu savait-il notre rendez-vous. » Par une intuition singulière, Justin Ganimard fut près de saisir la lettre et de l'anéantir. Il n'osa, devant son supérieur, et déchira l'enveloppe. La lettre contenait ces mots qu'il articula d'une voix à peine intelligible Il y avait une fois une Dame blonde, un Lupin et un Ganimard. Or, le mauvais Ganimard voulait faire du mal à la jolie dame blonde, et le bon Lupin ne le voulait pas. Aussi le bon Lupin, désireux que la Dame blonde entrât dans l'intimité de la comtesse de Crozon, lui fit-il prendre le nom de Mme de Réal qui est celui — ou à peu près — d'une honnête commerçante dont les cheveux sont dorés et la figure pâle. Et le bon Lupin se disait Si jamais le mauvais Ganimard est sur la piste de la Dame blonde, combien il pourra m'être utile de le faire dévier sur la piste de l'honnête commerçante ! » Sage précaution et qui porte ses fruits. Une petite note envoyée au journal du mauvais Ganimard, un flacon d'odeur oublié volontairement par la vraie Dame blonde à l'hôtel Beaurivage, le nom et l'adresse de Mme Réal écrits par cette vraie Dame blonde sur les registres de l'hôtel, et le tour est joué. Qu'en dis-tu, Ganimard ? J'ai voulu te conter l'aventure par le menu, sachant qu'avec ton esprit tu serais le premier à en rire. De fait elle est piquante, et j'avoue que, pour ma part, je m'en suis follement diverti. À toi donc merci, cher ami, et mes bons souvenirs à cet excellent M. Dudouis. Arsène Lupin. » Mais il sait tout ! gémit Ganimard, qui ne songeait nullement à rire, il sait des choses que je n'ai dites à personne. Comment pouvait-il savoir que je vous demanderais de venir, chef ? Comment pouvait-il savoir ma découverte du premier flacon ?… Comment pouvait-il savoir ?… » Il trépignait, s'arrachait les cheveux, en proie au plus tragique désespoir. M. Dudouis eut pitié de lui. Alors, Ganimard, consolez-vous, on tâchera de faire mieux une autre fois. » Et le chef de la Sûreté s'éloigna, accompagné de Mme Réal. Dix minutes s'écoulèrent, Ganimard lisait et relisait la lettre de Lupin. Dans un coin, M. et Mme Crozon, M. d'Hautrec et M. Gerbois s'entretenaient avec animation. Enfin le comte s'avança vers l'inspecteur et lui dit De tout cela il résulte, cher monsieur, que nous ne sommes pas plus avancés qu'avant. — Pardon. Mon enquête a établi que la Dame blonde est l'héroïne indiscutable de ces aventures et que Lupin la dirige. C'est un pas énorme. — Et qui ne sert à rien. Le problème est peut-être même plus obscur. La Dame blonde tue pour voler le diamant bleu et elle ne le vole pas. — Elle vole, et c'est pour s'en débarrasser au profit d'un autre. — Je n'y peux rien. — Certes, mais quelqu'un pourrait peut-être… — Que voulez-vous dire ? » Le comte hésitait, mais la comtesse prit la parole et nettement Il est un homme, un seul après vous, selon moi, qui serait capable de combattre Lupin et de le réduire à merci. Monsieur Ganimard, vous serait-il désagréable que nous sollicitions l'aide d'Herlock Sholmès ? » Il fut décontenancé. Mais non… seulement… je ne comprends pas bien… — Voilà. Tous ces mystères m'agacent. Je veux voir clair. M. Gerbois et M. d'Hautrec ont la même volonté, et nous nous sommes mis d'accord pour nous adresser au célèbre détective anglais. — Vous avez raison, Madame, prononça l'inspecteur avec une loyauté qui n'était pas sans quelque mérite, vous avez raison, le vieux Ganimard n'est pas de force à lutter contre Arsène Lupin. Herlock Sholmès y réussira-t-il ? Je le souhaite, car j'ai pour lui la plus grande admiration… Cependant… il est peu probable… — Il est peu probable qu'il aboutisse ? — C'est mon avis. Je considère qu'un duel entre Herlock Sholmès et Arsène Lupin est une chose réglée d'avance. L'Anglais sera battu. — En tout cas, peut-il compter sur vous ? — Entièrement, Madame. Mon concours lui est assuré sans réserves. — Vous connaissez son adresse ? — Oui, Parker, Street, 219. » Le soir même, M. et Mme Crozon se désistaient de leur plainte contre le consul Bleichen, et une lettre collective était adressée à Herlock Sholmès.
Unlock 6 Timeless adventures. Voici donc le sixième opus d'Unlock. Comme d'habitude, ce dernier comporte trois nouvelles aventures de type escape room Arsène Lupin et le grand diamant blanc retrouvez Arsène Lupin dans le Paris du début du 20eme siècle et aidez-le à retrouver un objet important dans la ville des Lumières ! Un mécanisme de chasse au trésor novateur. A Noside Story L'ignoble professeur Noside est de retour ! Retrouvez l'univers qui l'accompagne et déjouez ses plans dans une aventure à l'humour omniprésent. Le cirque Diosen arrive dans votre ville en juin 2019 ... vivez une représentation pendant une heure, montre en main ! Perdus dans le ChronoWarp un voyage dans le temps grâce à une machine. Attention aux paradoxes temporels avant d'aller affronter le savant fou. Unlock ! Vous permet de vivre le temps d'une soirée, un escape room en jeu de société ! Cette boite contient 3 aventures d'une heure. Chacune est indépendante . Vous n'avez pas besoin d'autre boite pour jouer. Une application gratuite est disponible pour suivre vos aventures. Elle vous permettra de chronométrer votre partie mais également d'interagir avec elle en rentrant des codes ou en demandant des aides et indices. Unlock est un jeu coopératif vous jouez tous ensemble. Contenu du jeu 180 cartes 1 livret de règles un deck de cartes Tutorial pour apprendre à jouer avant de commencer les vrais aventures L'application gratuite Unlock!, est compatible avec les téléphones et tablettes Android et iOSAlors, prêts à tenter l'aventure ?Unlock ! a gagné l'As d'Or au festival des Jeux de Cannes 2017 dans la catégorie " Tout public ". Original et novateur, il saura vous séduire par ses règles simples et accessibles, ainsi que ses scénario originaux. Unlock ! a été testé et approuvé par l'équipe de Ludocortex. Référence UNLOCK6 En stock 10 Produits Fiche technique Age à partir de 10 ans Langue Français Durée 1 à 2h Nombre de joueurs 2 à 6 joueurs Mécanique Coopératif
UNLOCK ! EST UN JEU DE CARTES COOPÉRATIF INSPIRÉ DES ESCAPE ROOMS. Les escape rooms sont des salles dont vous devez vous échapper en moins de 60 minutes. Unlock ! vous fait vivre ces expériences chez vous, autour d’une table. Des énigmes visuelles ou audio ralentissent votre progression… à vous de coopérer avec vos partenaires pour avancer et terminer dans les temps ! L’application gratuite Unlock !, compatible avec les téléphones et tablettes Android et iOS, est nécessaire pour jouer. Elle permet d’obtenir des indices, de repérer des objets cachés, mais aussi d’entrer les codes découverts. Elle contribue également à l’ambiance avec ses musiques dédiées à chaque aventure, ses énigmes audio, ses terribles pénalités et son compte à rebours fatal ! La boîte Unlock ! contient trois aventures The Noside Show Le Cirque de Diosen arrive en ville ! Cependant, le docteur Noside ourdit un numéro de sabotage de grande ampleur. Arrêtez-le, car le spectacle doit continuer dans The Noside Show ! Arsène Lupin et le Grand Diamant Blanc Relevez le défi d’Arsène Lupin, dans une course au joyau au cœur du Paris du XXe Siècle ! Devenez un véritable gentleman cambrioleur le temps de Arsène Lupin et la Grand Diamant Blanc ! Perdus dans le ChronoWarp ! Vous êtes Perdus dans le ChronoWarp ! La machine à voyager dans le temps du professeur Alcibiade Tempus s’est emballée et c’est à vous de tout remettre dans l’ordre.
3 nouvelles aventures Unlock! L’expérience des Escape Room dans votre salon est de retour. Vivez des aventures et des défis qui mettront votre logique à l’épreuve, sortez vainqueur de véritables labyrinthes ! Le Cirque de Diosen arrive en ville ! Cependant, le docteur Noside ourdit un numéro de sabotage de grande ampleur. Arrêtez-le, car le spectacle doit continuer dans The Noside Show ! Relevez le défi d’Arsène Lupin, dans une course au joyau au cœur du Paris du XXe Siècle ! Devenez un véritable gentleman cambrioleur le temps de Arsène Lupin et la Grand Diamant Blanc ! Vous êtes Perdus dans le ChronoWarp ! La machine à voyager dans le temps du professeur Alcibiade Tempus s’est emballée et c’est à vous de tout remettre dans l’ordre. Garanties sécurité à modifier dans le module "Réassurance" Politique de livraison à modifier dans le module "Réassurance" Politique retours à modifier dans le module "Réassurance" Description Détails du produit 3 nouvelles aventures Unlock! L’expérience des Escape Room dans votre salon est de retour. Vivez des aventures et des défis qui mettront votre logique à l’épreuve, sortez vainqueur de véritables labyrinthes ! Le Cirque de Diosen arrive en ville ! Cependant, le docteur Noside ourdit un numéro de sabotage de grande ampleur. Arrêtez-le, car le spectacle doit continuer dans The Noside Show ! Relevez le défi d’Arsène Lupin, dans une course au joyau au cœur du Paris du XXe Siècle ! Devenez un véritable gentleman cambrioleur le temps de Arsène Lupin et la Grand Diamant Blanc ! Vous êtes Perdus dans le ChronoWarp ! La machine à voyager dans le temps du professeur Alcibiade Tempus s’est emballée et c’est à vous de tout remettre dans l’ordre. Fiche technique Auteurs Cyril Demaegd Année 2019 Editeur Space Cowboys Nombre de Joueurs 1 à 6 Age 10 Ans Durée 60 Mns Bienvenue sur L' île cité et État d’Ephios, un amas urbain et technologique, plongé dans la discorde depuis que son Haut-Gouverneur a abdiqué. Le siège du pouvoir est à portée de main, mais pour le prendre vous devrez user de vos relations et unir les alliances qui orientent l’opinion publique. Recrutez les personnalités politiques de la cité et utilisez-les pour leurs effets ou pour unir les grandes Alliances et gagner en popularité. La partie se termine dès qu’une joueureuse atteint 70% de popularité. Pendant votre tour, effectuez une des 4 actions suivantes - Recrutez une personnalité disponible. Les aliens amorcent leur inexorable descente vers la terre. Le vaisseau mère largue ses impitoyables chasseurs alors que l’humanité tout entière se réfugie dans des abris souterrains pour organiser la riposte. L’enjeu ? Gagner assez de temps pour développer une arme assez puissante pour repousser les envahisseurs. Parviendrez-vous à sauver la planète ? Seul contre la menace alien Under Falling Skies est un jeu solo qui invite le joueur à incarner la défense terrienne contre l’attaque extraterrestre. À chaque tour de jeu, le vaisseau ennemi va s’approcher de la planète et la partie sera perdue s’il parvient à se poser. Découvrez la suite explosive du jeu emblématique de Reiner Knizia ! Nouvelle escalade dans la guerre des voisins, alors que les deux belligérants du célèbre Schotten Totten ont décidé de passer à la vitesse supérieure pour un duel tactique épique… et asymétrique ! Dans Schotten Totten 2, les deux adversaires sont désormais opposés pour la prise d’un Château. L’assaillant et le défenseur doivent prouver leur supériorité sur les emplacements des murailles. Mais cette fois, chaque joueur a des objectifs différents et ses propres conditions de victoire ! Bâtissez votre empire, étendez votre civilisation… Sortez des sentiers battus et des livres d’Histoire ! First Empires vous met aux commandes d’une nation de l’Antiquité, qui explore le monde à la recherche de gloire, de reconnaissance et de territoires. 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Mais ne négligez pas votre agriculture, votre développement culturel ou votre puissance militaire vos adversaires risqueraient de devenir plus puissants que vous. Serez-vous le premier à créer la civilisation la plus florissante ? Dans un futur très lointain, Excavation Earth propose une nouvelle vision de notre planète. Excavation Earth s’interroge si les races extraterrestres découvraient notre planète des siècles plus tard, qu’en penseraient-elles ? Quels objets ou reliquats de la civilisation humaine » auraient de la valeur à leurs yeux ? Incarnez des explorateurs extraterrestres et devenez le plus riche en vendant des artefacts au bon moment tout en manipulant les différents marchés ou rassemblez des collections à vendre aux musées à la fin du jeu. Saurez-vous résoudre les énigmes inédites de la pièce et sortir dans le temps imparti ? Deckscape est la version de poche d'un phénomène international retrouvez toutes les sensations d'une vraie Escape Room dans un deck de cartes ! Vos amis et vous êtes piégés dans le laboratoire du Docteur Thyme. Tentez de résoudre les énigmes et utilisez astucieusement les outils à Sur une île inhabitée perdue au cœur des mers inconnues, un groupe d'explorateurs a découvert les traces d'une glorieuse civilisation. Il est temps pour vous de prendre la tête d'une expédition et d'arpenter cette île, de trouver des artefacts perdus et de vous confronter à ses redoutables gardiens, afin de comprendre et de révéler les secrets de l'île. Expert et équilibré Les Ruines de Narak est un jeu IELLO EXPERT dans lequel les joueurs doivent tenter de marquer davantage de points que leurs adversaires en explorant les vestiges d’une civilisation oubliée. La force du jeu, c’est son incroyable richesse, puisqu’il concentre plusieurs mécaniques de jeu particulièrement addictives et les réunit dans un jeu intense et exigeant. LES MONSTRES DU BLOCK NESS SORTENT ENFIN LEUR TÊTE DE L'EAU... MAIS ON DIRAIT QUE LE LAC N'EST PAS ASSEZ GRAND POUR TOUT LE MONDE ! Les monstres du Blockness sortent leur tête de l'eau mais on dirait que le lac n'est pas assez grand pour tout le monde ! Soyez le plus agile pour obtenir le titre de Monstre de l'année et le privilège de vous laisser photographier par les touristes. Devenez le plus long monstre du lac en vous déployant à sa surface, 2. Soit par la tête, soit par la queue, 3. Tout en bloquant la progression de vos adversaires ! Points forts FORTE PRÉSENCE SUR TABLE JEU EN 3D JOUÉ DANS LA BOÎTE UN CASSE-TÊTE DE BLOCAGE COMPÉTITIF UN MATÉRIEL ASYMÉTRIQUE MAIS ÉQUILIBRÉ C’est l’été 1944 et les Alliés ont débarqué en Normandie. Le joueur qui prendra le rôle des Alliés devra commander une section d'infanterie pour reprendre du terrain et repousser les forces allemandes. Le joueur qui prendra le rôle des allemands devra lui faire face avec pugnacité. Vous devrez essuyer des tirs de mitrailleuses et des bombardements de mortiers. Ce sera à vous de tourner la situation à votre avantage. Prenez les choses en main au milieu du chaos de la bataille, tenez-bon face à l’adversité, et restez inflexible. Dans Inflexibles Normandie le joueur allié commande une section d’infanterie, livrant bataille au travers d’une série de missions, qui devra prendre et tenir des objectifs stratégiques. Le joueur allemand tentera de l'en empêcher. Chaque Marvel United est un jeu coopératif de cartes de type chibi qui propose une série de miniatures permettant aux joueurs de jouer le rôle de héros de l'univers Marvel comics et de faire équipe pour sauver la situation. Nourrissez , alignez et harmonisez vos Chakras. Il faut pour cela capter les bonnes énergies de l'univers et apaiser les négatives. Chakra propose, dans une ambiance zen, de se triturer les méninges en quête de tranquillité intérieure. Récupérez des gemmes pour trouver l’harmonie, faites-les circuler dans votre corps afin d’aligner vos chakras et prenez gare à ne pas vous laisser perturber par les énergies négatives ! Le joueur le plus serein remportera la partie ! Whale Riders Le Jeu de Cartes est la réédition du jeu Trendy, un classique du jeu de cartes par Reiner Knizia. Revivez la saga Harry Potter ! Revivez les aventures de Harry Potter, Hermione Granger, Ron Weasley et Neville Londubat ! Ce jeu de deckbuilding coopératif transporte les joueurs dans Poudlard, durant sept scénarios. À vous de vaincre les antagonistes emblématiques de la saga, grâce aux sorts, artefacts et alliés tout aussi mythiques. Plus la campagne avance, plus vos adversaires seront nombreux, déterminés et puissants ! Hogwart's Battle est un jeu accessible à tous les fans de Harry Potter. Les 3 premiers scénarios sont parfaits pour s’emparer des règles, avant de plonger dans le combat contre les forces de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ! 3-2-1 CHARGEZ ! » La partie débute en trombe. tous les joueurs essayent, en même temps, de collecter un maximum de points d'énergie. En quelques minutes il faudra être le plus rapide ou le plus malin. L'atmosphère est électrique, tout est possible… jusqu'au STOP » de fin de partie ! Créé par Florian Fay et illustré par David Sitbon, vous y incarnez un adolescent d’une petite ville américaine à la fin des années 1980. Comme souvent, vous passez du temps ensemble et organisez des sorties, mais ce soir un phénomène étrange se produit et vous êtes tous projetés dans un Greenville alternatif vidé de ses habitants et à l’ambiance bien plus inquiétante que celle du Greenville que vous connaissez… Mais tout n’est pas perdu ! Vous découvrez pouvoir communiquer avec vos amis par la pensée et allez tenter de vous retrouver à un point de rendez-vous pour affronter l’horreur ensemble. 3 nouvelles aventures Unlock! L’expérience des Escape Room dans votre salon est de retour. Vivez des aventures et des défis qui mettront votre logique à l’épreuve, sortez vainqueur de véritables labyrinthes ! Le Cirque de Diosen arrive en ville ! Cependant, le docteur Noside ourdit un numéro de sabotage de grande ampleur. Arrêtez-le, car le spectacle doit continuer dans The Noside Show ! Relevez le défi d’Arsène Lupin, dans une course au joyau au cœur du Paris du XXe Siècle ! Devenez un véritable gentleman cambrioleur le temps de Arsène Lupin et la Grand Diamant Blanc ! Vous êtes Perdus dans le ChronoWarp ! La machine à voyager dans le temps du professeur Alcibiade Tempus s’est emballée et c’est à vous de tout remettre dans l’ordre.
Par Michel Dufour Date de publication originale 1906, puis Librairie Générale Française, 1963 Genres Aventures, enquête Personnages principaux Arsène Lupin, Herlock Sholmès On semble revenir à Maurice Leblanc depuis quelque temps alors que, de son temps, Leblanc se sentait moins apprécié que des auteurs comme Gaston Leroux ou Allain-Souvestre. Évidemment, les romans de Leblanc, je pense surtout aux Arsène Lupin, sont plus fantaisistes. On a conclu que son œuvre n’était pas sérieuse ! On est effectivement loin de Maupassant et de Flaubert qu’il a fréquentés dans sa jeunesse. Il a connu Allais à Paris, journaliste lui aussi, mais rapidement reconnu comme un grand conteur. De sorte que, malgré l’abondance et la qualité de son œuvre, Leblanc est resté une sorte de marginal. Le fait est qu’Arsène Lupin nous est plus familier que Maurice Leblanc. Arsène Lupin contre Herlock Sholmès contient deux épisodes, La Dame blonde et La Lampe juive, publiés d’abord en 1906 dans le journal Je sais tout, puis sous forme de volume en 1908 et en 1914. Dans le premier, M. Gerbois, professeur de mathématiques au lycée de Versailles, achète chez un marchand de bric-à-brac un petit secrétaire en acajou. Le lendemain, le meuble disparaît. Alors que d’autres objets précieux, dont des pièces d’or dans le porte-monnaie de Suzanne, n’ont pas été touchés. Puis, Gerbois apprend qu’il a gagné un million au tirage de la loterie des Associations de la Presse. Sauf que le billet avait été rangé dans le secrétaire. Et c’est Arsène Lupin qui réclame le million puisque c’est lui qui a le billet. Devant les récriminations de Gerbois, il lui propose de séparer le million en deux. Gerbois refuse. Sa fille Suzanne est kidnappée. Gerbois accepte. La Dame blonde rend Suzanne à son père les deux femmes ont voyagé en Europe depuis la disparition de Suzanne. Ganimard et ses collègues policiers cernent la demeure de l’avocat de Lupin. Arsène et la Dame disparaissent à leur tour. En mars suivant, le baron d’Hautrec est assassiné. Il semble qu’on n’ait rien volé, même pas le fameux diamant bleu. Mais Antoinette Bréhat, la demoiselle de compagnie engagée récemment, est disparue. Le diamant bleu est vendu à l’encan et acheté par la comtesse de Crozon. Mais on lui dérobe ce bijou. Ganimard enquête en vain. Il est décidé de faire appel à Herlock Sholmès. Commence alors le duel entre Sholmès et Lupin. L’affrontement se poursuit dans La Lampe juive. Même si c’est présenté comme deux épisodes, ce récit ne ressemble au premier que parce qu’il s’agit d’un affrontement entre Lupin et Sholmès. Le Baron Victor d’Imblevalle demande l’aide de Sholmès pour retrouver la personne qui lui a volé une précieuse lampe juive, de même que la lampe, si possible. Holmès accepte mais Lupin le prie de ne pas accepter cette mission. Sholmès s’entête évidemment. Et mène à bien sa tâche … pour le grand malheur de tout le monde. Belle illustration de l’anti-proverbe Qui gagne perd ! » Le roman a peu à voir avec la série qui a actuellement du succès sur Netfix. Peu à voir aussi avec la série de Georges Descrières parce que, malgré un bon rythme et des décors évocateurs, les scénaristes sont très inégaux et les jeunes premières, futures victimes consentantes de Lupin, jouent souvent très mal. Le roman est plein d’énergie, c’est presque essoufflant à lire, moult rebondissements en termes de déguisements, de passages secrets, d’escarmouches entre les deux grands hommes. On peut comprendre que Doyle n’ait pas trouvé très sympathique son Sholmès surtout son attitude vis-à-vis de Wilson, mais il n’en est pas moins présenté comme un limier très subtil. Au centre de tout, c’est Lupin, attachant malgré sa suffisance, son arrogance et ses pitreries. Attachant comme un grand enfant brillant. Plutôt macho, gentil macho, c’est son époque, mais si séduisant et gentleman. Un Français comme on aime les imaginer. Bref, un roman qui se lit bien, léger et distrayant. Extrait Holmès tendit à l’homme d’équipe une pièce de cinquante centimes. Bien, mon ami. Voici pour vous. – Merci, monsieur Sholmès. » L’Anglais leva les yeux Arsène Lupin. Vous !… vous ! balbutia-t-il, ahuri. Et Wilson bégaya, en brandissant son unique main avec des gestes de quelqu’un qui démontre un fait Vous ! Vous ! mais vous êtes arrêté ! Sholmès me l’a dit. Quand il vous a quitté, Ganimard et ses trente agents vous entouraient… » Lupin croisa ses bras et, d’un air indigné Alors vous avez supposé que je vous laisserais partir sans vous dire adieu ? Après les excellents rapports d’amitié que nous n’avons jamais cessé d’avoir les uns avec les autres! Mais ce serait de la dernière incorrection. Pour qui me prenez-vous ? » Le train sifflait. Enfin, je vous pardonne… Mais avez-vous ce qu’il vous faut ? Du tabac, des allumettes… Oui…Et les journaux du soir ? Vous y trouverez des détails sur mon arrestation, votre dernier exploit, maître. Et maintenant, au revoir, et enchanté d’avoir fait votre connaissance… enchanté vraiment !… Et si vous avez besoin de moi, je serai trop heureux… » Le Paris d’Arsène Niveau de satisfaction 4 / 5
arsene lupin et le grand diamant blanc